19.10.2007
Une « punition humanitaire » pour les lycéens
PUNIR. Ce verbe, le lycée professionnel Auguste-Perdonnet de Thorigny-sur-Marne aimerait ne plus le conjuguer. Depuis mercredi, un projet humanitaire concernant une petite école sénégalaise dans le village de Souda a été présenté aux 683 élèves.
Le but ? Trouver une alternative aux sanctions disciplinaires. Un élève exclu pourrait réduire sa « peine » en apportant son aide à cette action bénévole initiée par l'établissement scolaire. Libre à lui d'accepter ou de refuser. Une idée qui pourrait faire des émules. Car, pour l'année scolaire 2005-2006, 96 exclusions définitives ont été prononcées dans des lycées professionnels du département, contre 35 dans les lycées généralistes. A Auguste-Perdonnet, 365 exclusions ou mises à pied - allant du renvoi définitif à l'exclusion d'une journée -, ont été décidées par le conseil de discipline et par le proviseur l'an dernier. De quoi prendre le problème très au sérieux.
365 exclus en 2006 à Auguste-Perdonnet
« Le nombre global d'exclusions, chez nous, n'augmente pas. Mais il a tendance à progresser chez les jeunes qui sont sanctionnés pour la première fois. Pour certains adolescents, l'exclusion n'est pas efficace, car elle n'est pas vue comme une punition », explique Michel Rousseau, proviseur du lycée. Quatre adolescents se sont déjà vu proposer une participation au projet humanitaire. Ils avaient été renvoyés huit jours pour avoir provoqué une bagarre dans les couloirs (lire l'encadré). Finalement, ils ont préféré s'engager trois jours pour une mission : accueillir les jeunes de leur établissement pour leur expliquer les actions à mener tout au long de l'année, en faveur de l'école de Souda. « Cette initiative est expérimentale, mais nous aimerions la développer », souligne Patrice Mendy, conseiller pédagogique d'éducation.
Autre avantage : ce projet permet au lycée de faire de la prévention contre la violence et les dégradations. « Les jeunes ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont d'avoir un établissement comme celui-ci. Aider une école sénégalaise, qui manque de moyens, leur permet de prendre conscience des réalités », souligne Bérangère Callewaert, assistance d'éducation à l'origine du projet pédagogique.
Côté élèves, ils se disent séduits. « Le projet est intéressant. Je pense que je vais m'y impliquer. Je vais tous les ans en Algérie, mon pays d'origine. Et je sais que j'ai de la chance d'être ici. Des fois, c'est sûr, on se dit que c'est soûlant le lycée. Mais j'aimerais faire quelque chose de concret pour aider les autres », explique Mohamed Mihoubi, jeune homme de 18 ans en BEP structures métalliques. Son copain acquiesce. Originaire du Congo, il affirme savoir la chance qu'ils ont d'avoir... des ordinateurs.
source : http://www.leparisien.fr/home/maville/seineetmarnenord/ar...
13:08 Publié dans Culture et Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation
