06.04.2008
Dan George, chef des Indiens capilanos
Mes très chers amis,
Je suis né il y a mille ans, né dans une culture d'arc et flèches; et dans l'espace d'une demi-vie humaine, je me suis trouvé dans la culture de l'âge atomique, mais d'arc, et flèches à la bombe atomique, il y a une distance plus grande que le voyage vers la Lune.
Je suis né à une époque qui aimait les choses de la nature et leur donnait de beaux noms comme Tessoualouit, au lieu de noms desséchés comme Stanley Park. Je suis né à une époque où les gens aimaient toute la nature et lui parlaient comme si elle avait une âme.
Je me souviens qu'étant très jeune, je remontais l'lndian River avec mon père. Je me le rappelle admirant le soleil qui se levait sur le mont Pé-Né-Né ; il lui chantait sa reconnaissance, comme il le faisait souvent, avec le mot indien " merci " et beaucoup de douceur.
Et puis, du monde, est venu, de plus en plus de monde, comme une vague déferlante, et je me suis soudainement trouvé au milieu du 20e siècle. Je me suis trouvé moi-même et mon peuple flottant à la dérive dans cette nouvelle ère ; nous n'en faisions pas partie, engloutis par sa marée saisissante, comme des captifs tournant en rond dans de petites réserves, dans des lopins de terre, honteux de notre culture que vous tourniez en ridicule, incertains de notre personnalité et de ce vers quoi nous allions.
Pendant quelques brèves années, j'ai connu mon peuple vivant la vieille vie traditionnelle, alors qu'il y avait encore de la dignité. Je les ai connus quand ils avaient une confiance tacite dans leurs familles et qu'ils avaient une certaine notion de ce qu'était le cheminement de leur vie.
Malheureusement, ils vivaient dans l'agonisante énergie d'une culture qui perdait graduellement son élan vital. Nous n'avons pas eu le temps de nous ajuster à la croissance brutale qui nous entourait ; il semble que nous ayons perdu ce que nous avions sans que cela soit remplacé. Nous n’avons pas eu le temps d'aborder le progrès du 20e siècle, petit à petit, ni de le digérer.
Savez-vous ce que c'est que d'être sans pays ? Savez-vous ce que c'est que de vivre dans un cadre laid ? Cela déprime l'homme, car l'homme doit être entouré de la beauté dans laquelle son âme doit grandir.
Savez-vous ce que c'est que de sentir sa race écrasée et d'être acculé à prendre conscience qu'on est un fardeau pour le pays ? Peut-être n'étions-nous pas assez malins pour apporter une participation pleine de signification, mais personne n'avait la patience d'attendre que nous puissions suivre. Nous avons été mis à l'écart parce que nous restions sans réagir et incapables d'apprendre.
A quoi cela ressemble-t-il de n'avoir aucun orgueil de sa propre race, de sa famille, aucun amour-propre, aucune confiance en soi ? Vous ne pouvez pas le savoir parce. que vous n'avez jamais tâté cette amertume. Mais je vais vous le dire: on ne fait aucun cas du lendemain, car qu'est--ce que demain ? On est dans une réserve, c'est-à-dire dans une sorte de décharge publique parce qu'on a perdu dans son âme tout sentiment du beau.
Et maintenant, vous me tendez la main... et maintenant, vous me demandez d'aller à vous. " Viens et intègre-toi ! " c'est ce que vous dites. Mais comment venir ? Je suis nu et couvert de honte. Comment venir avec dignité ? Je n'ai pas de présence, je n'ai rien à donner. Qu'appréciez-vous dans ma culture- mon pauvre trésor ? Vous ne faites que le mépriser. Vais-je venir à vous comme un mendiant et tout recevoir de votre main toute-puissante ?
Quoi que je fasse, je dois attendre, trouver des délais, me trouver moi-même, trouver mon trésor, attendre que vous désiriez quelque chose de moi, que vous ayez besoin d'un quelque chose qui est moi. C'est alors que je pourrai dresser la tête, dire à ma femme, à mes enfants: a Ecoutez, ils m'appellent, ils me veulent, je dois y aller. "
Alors, je pourrai changer de trottoir, la tête haute, car j'irai vous parler sur un pied d'égalité. Je ne vous mépriserai pas pour votre paternalisme, mais vous ne me ferez pas l'aumône. Votre aumône, je peux vivre sans elle, mais ma condition humaine, je ne saurais vivre sans elle. Je ne ferai pas de courbettes devant vos aumônes. Je viendrai avec dignité ou je ne viendrai pas du tout. Vous employez le grand mot d' " intégration " dans les écoles. Cela existe-t-il vraiment? Peut-on parler d'intégration avant qu'il y ait l'intégration sociale, celle des cœurs et celle des esprits ? Sans cela, on a juste la présence des corps, les murs sont aussi hauts que les montagnes.
Accompagnez-moi dans la cour de récréation d'une école où l'on prétend que règne l'intégration. Voyez comme son asphalte noire est unie, plate et laide; alors, regardez: c'est l'heure de la récréation, les élèves se précipitent par les portes. Voilà alors deux groupes distincts: ici, des élèves blancs et là-bas, prés de la barrière, des élèves autochtones.
Et puis, regardez encore, la cour noire, unie, ne l'est plus: les montagnes se dressent, les vallées se creusent; un grand vide s'établit entre les deux groupes, le vôtre et le mien, et. personne ne semble capable de le franchir.
Attendez, bientôt la cloche va sonner et les élèves vont quitter la cour. Le mélange des élèves se fait dedans parce que dans une classe, il est impossible de trouver un grand vide, les êtres sont devenus petits, rien que de petits êtres; les grands, on n'en veut pas, du moins, pas sous nos yeux. .
Ce que nous voulons ? Nous voulons avant tout être respectés et sentir que i notre peuple a sa valeur, avoir les mêmes possibilités de réussir dans l'existence, mais nous ne pouvons pas réussir selon vos conditions, nous élever selon vos normes, nous avons besoin d'une éducation spéciale, d'une aide spécifique pendant les années de formation, des cours spéciaux en anglais, nous avons besoin d'orientation et de conseils, de débouchés équivalents pour nos diplômes, sinon nos étudiants perdront courage et se diront: " A quoi bon!
Que personne ne l'oublie: notre peuple a des droits garantis par des promesses et des traités. Nous ne les avons pas demandés et nous ne vous disons pas merci. Car, grand Dieu, le prix que nous les avons payés était exorbitant: c'était notre culture, notre dignité et le respect de nous-mêmes. Nous avons payé, payé, payé jusqu'à en devenir une race blessée, percluse de pauvreté et conquise.
Je sais que dans votre cœur, vous voudriez bien m'aider. Je me demande . si vous pouvez faire beaucoup. Eh bien! oui, vous pouvez faire une foule de choses. Chaque fois que vous rencontrerez mes enfants, respectez-les pour ce qu'ils sont: des enfants, des frères.
Janvier 1975
"Je suis né il y a mille ans..."
Lettre ouverte de Dan George, chef des Indiens capilanos.
Cette lettre de Dan George, chef indien des Capilanos, tribu de la Colombie britannique (Canada), a été lue, lors d'un récent congrès consacré au développement économique de l'Arctique et à l'avenir des sociétés esquimaudes, par le père André-Pierre Steinmann, de Puvirnituq, Nouveau-Québec, qui a vécu plus de trente ans avec les Esquimaux. La lettre de Dan George, a-t-il déclaré, reflète parfaitement l'état d'esprit des Esquimaux du Groenland, du Québec et des territoires du Nord-Ouest.
Ecrit par : Dan George, chef des Indiens capilanos
21:48 Publié dans Sages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, écriture, monde
04.12.2006
La Dame Blanche et quelques une de ses apparitions
La dame blanche est certainement l'un des personnages fantasmagoriques les plus célèbres.
On raconte l'histoire de ses mystérieuses apparitions durant les veillées, entre amis autour d'un feu de bois, pour s'effrayer.
De nombreux témoignages nous permettent de penser que nous ne touchons plus ici au simple mythe, à l'histoire fantastique mais bien à une réalité... effrayante !
Ce samedi soir de décembre 1979, Michel P. s'en souviendra longtemps.
Comme tous ceux qui, sur les routes de France, de Belgique, d'Allemagne, de Suisses, ont eu de la chance ou la malchance, de prendre à bord de leur véhicule l'une de ces énigmatiques auto-stoppeuses fantômes.
Il est près de minuit.
Michel, de tous les amis qui sortent ensemble ce soir-là, est l'un de ceux ayant un véhicule.
Il est chargé de "faire le taxi" entre le centre de Limoges, où il habite, et une boîte de nuit située à quelques kilomètres, sur la route de Naixon.
En Haute-Vienne, les hivers sont rudes.
C'est dans le frimas et la nuit la plus profonde qu'il effectue son second voyage vers Limoges, quand tout à coup, il aperçoit dans ses phares, à quelques centaines de mètres de la discothèque, une forme blanche plantée dans un virage.
C'est une femme de vêtue de blanc.
Il s'arrête à sa hauteur, et lui demande où elle va.
"A Limoges; si ça ne vous ennuie pas, je vais chez des amis" ;
"Où à Limoges ?" demande Michel,
"Laissez-moi en ville, je me débrouillerai... " précise la jeune fille.
L'auto-stoppeuse s'installe à l'avant.
Tout en roulant, Michel la détaille du coin de l'oeil et en silence : 20-25 ans, vêtue d'une robe blanche très années 60, très jolie... mais peu bavarde.
A l'approche du pont de la Révolution, la passagère s'anime soudain :
"Attention, ce tournant est dangereux !"
Michel sourit, car ce virage qu'il négocie avec prudence, il le connaît bien.
Tout à coup, un cri plaintif le tire de sa concentration : la passagère a disparu. Michel stoppe net sa voiture et, glacé par la peur et la surprise, fait quelques pas autour du véhicule : rien ni personne, sinon du brouillard.
La belle inconnue s'est envolée.
A la gendarmerie de Limoges, où il ira faire une déposition, on lui explique qu'il n'est pas le premier à avoir vécu exactement la même aventure...
Cette jeune femme fait régulièrement le même trajet en auto-stoppe, pour disparaître au virage du pont de la Révolution, l'endroit où elle trouva la mort en voiture, 20 ans plutôt.
Comme tous ceux qui vécurent l'aventure, Michel peine à se remettre.
Plusieurs années après, il n'aime toujours pas en parler.
Pourtant, le temps qu'il a passé en compagnie de cet être venu d'ailleurs n'a pas excédé quelques minutes.
Cette légende urbaine, on la connaît quasiment tous. Alors je m'inquiète. Depuis plusieurs mois, elle est sortie de Haute-Vienne, et elle arpente les routes de France et de Navarre.
Elle voyage même dans le monde entier.
Alors faut-il s'inquièter ?...
D'un aute côté si la Dame Blanche n'est que l'expression "fantasmagorique" de l'esprit fatigué d'une gauche à la recherche d'une icône ; alors Madame Royal, d'ici mai 2007, vous risquez de disparaître par enchantement, comme vous êtes arrivée.
Bernard-Xavier Spokojny
10:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, royal, ségo, écriture, journal intime
01.12.2006
Blaise PASCAL - Les Pensées
"L'homme est visiblement fait pour penser, c'est toute sa dignité, et tout son mérite.
Tout son devoir est de penser comme il faut ; et l'ordre de la pensée est de commencer par soi, par son autheur, et sa fin.
Cependant à quoi pense-t'on dans le monde ?
Jamais à cela ; mais à se divertir, à devenir riche, à aquerir de la reputation, à se faire Roi, sans penser à ce que c'est que d'être Roi, et d'être homme. "
(Blaise PASCAL - Les Pensées)
16:20 Publié dans Sages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, écriture, journal intime
Victor Hugo
« Les villes sont des bibles de pierre. Celle-ci n'a pas un dôme, pas un toit, pas un pavé qui n'ait quelque chose à dire dans le sens de l'alliance et de l'union, et qui ne donne une leçon, un exemple ou un conseil. Que les peuples viennent dans ce prodigieux alphabet de monuments, de tombeaux et de trophées épeler la paix et désapprendre la haine. (...)
Le genre humain a deux livres, deux registres, deux testaments, la maçonnerie et l'imprimerie, la bible de pierre et la bible de papier. » Victor Hugo, Paris
16:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, écriture, journal
Jean de Chelles, l'architecte
Jean de Chelles, l'architecte
Jean de Chelles, ou Jehan de Chelles, fut un des architectes de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, il commença sa maîtrise d'oeuvre en 1258 jusqu'en 1265 date présumée de son décès. A cette date il fut remplacé par Maître Pierre de Montreuil
A l'extérieur du transept sud, on peut voir une plaque datée de 1258 et "signant" sa maîtrise d'œuvre.
On lui doit entre autres la façade nord du transept, le portail du Cloître et sa rosace, le portail Saint Etienne.
Il commença la partie sud, qui fut reprise et achevée par Pierre de Montreuil, un des architectes présumés de la Sainte Chapelle, l'autre étant … Jean de Chelles lui-même.
Il aurait contribué à l'édification de la cathédrale Saint Julien au Mans.
On lui attribue aussi une œuvre de sculpteur.
La commune de Chelles, Seine et Marne, l'honore d'une rue, d'un lycée et d'une statue dans le Parc du Souvenir. Car il naquit à Chelles vers l'an 1200. Son fils (?) ou neveu (?) Pierre de Chelles travailla aussi au chantier de Notre Dame de Paris, vers 1300 -1318, construisant le jubé et certaines chapelles … La question qui reste à résoudre est «dans quel Chelles naquit-il ?». En effet, une commune de l'Oise porte le même nom...
Selon Villard de Honnecourt :
Les grands maîtres d'œuvre du gothique sont Jean de Chelles, Pierre de Montreuil, l'un des bâtisseurs de Notre-Dame de Paris, Robert de Coucy, Peter Palet, Hugues Libergié, Alexandre et Colin de Berneval. Ce sont des artistes, des savants et des spécialistes des questions techniques.
Émile Zola, dans les travaux préparatoires de Le Rêve, folio 124, écrit : A la mort de Philippe-Auguste (1223), cette façade était terminée. Le portail méridional du transsept [sic] a été commencé en 1257 par Jean de Chelles, maçon.
14:10 Publié dans Chelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : architecture, écriture, journal politique
Armand, un autre "Bâtisseur" Chellois
Des trois dernières générations de Chellois, qui n'a pas été pris en photo par Armand Rosencranz, photographe rue Jehan de Chelles.
Il sera donc nécessaire de développer, car nous avons tous quelque chose à dire.
Nous avons tous des épreuves d'Armand à la maison. On en parle...
12:38 Publié dans Chelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, politique, écriture, journal intime
MACHIAVEL :1469-1527
MACHIAVEL :1469-1527
Grand théoricien du politique mais praticien inégalement chanceux... Secrétaire de la République de Florence, il s’est battu pour qu’elle recrute une milice, mais, à la première épreuve du feu, c’est la débandade : 4000 hommes se laissent exterminer par les Espagnols sans se battre (1512) Il est vrai que Machaivel n’avait pu choisir lui-même le chef de cette milice.
Quelques années plus tôt après avoir organisé avec efficacité le blocus de Pise, Machiavel risque de perdre ses fonctions : victime d’une rumeur selon laquelle il serait un enfant « bâtard » . Il éprouve ainsi ce que Dante appelle « l’ingratitude du peuple méchant ».
Niccolo Machiavelli appartient à la petite noblesse de Florence ; sa famille a toujours fourni des fonctionnaires. A vingt neuf ans, il entre comme secrétaire - équivalent de chef de cabinet - au Bureau des Dix ( l’organe exécutif de Florence, République de type oligarchique)
Il a la passion de servir et montre ses qualités de négociateur (auprès de César Borgia, de Louis XII, et de Maximilien Ier). Lorsque Florence se soumet aux Médicis – soutenus par les Espagnols - (1512), Machiavel est mis à l’écart ; il se réfugie dans l’écriture. Il dédicace le Prince à Laurent de Médicis.
On a beaucoup polémiqué à ce sujet : Machiaval espérait-il rentrer en grâce et servir le fossoyeur de la République ? Si c’est le cas, la stratégie manque son but : Laurent de Médicis ne lit même pas l’ouvrage et refuse le droit d‘impression.
En revanche, au XVIIIème, Le prince est récupéré par le courant républicain : en mettant à nu les rouages cachés du pouvoir personnel, Machiavel aurait donné aux citoyens les moyens de s’en préserver en anticipant les ruses des hommes politiquesles plus égoistement ambitieux …( précisément parce que la ruse n’est efficace que si elle n’est pas soupçonnée comme telle).
« Feignant de donner des leçons aux Princes, il en a donné de grandes aux peuples, Le prince de Machiavel est l’ouvrage des Républicains ! » Rousseau, Du contrat social, Livre III chap. VI.
12:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, écriture, journal intime
