24.11.2007
Paul Bernard s'en est allé...
Paisible, presque sur la pointe des pieds, Paul Bernard s'en est allé.
Il a faussé compagnie à la tumeur cérébrale qui s'était de façon insidieuse invitée, il y a plus d'un an.
Pour beaucoup de Chellois, Paul Bernard, c'est Paul Bernard. Une entité à lui tout seul. Une boutique de nouveautés pour dames, pardon de prêt à porter féminin, où plusieurs générations de Chelloises ont trouvé leur bonheur de 1937 à 1989. Face au marché...
Pour beaucoup de Chellois, Paul Bernard, c'est Paul Spokojny. Un gamin de 36, un môme des Cong'Paye. Un môme à qui la vie, pas toujours drôle, a changé le nom de famille entre 39 et 45. En Bernard, le prénom de son père.
Pour beaucoup de Chellois, Paul Bernard, c'est Polo. Le même gamin qui, devenu adolescent, arpentait les trottoirs arborés de l'avenue de la Gare devenue de la Résistance.
Pour beaucoup de Chellois, Paul Bernard, c'est le Président de l'Union des Commerçants et Artisans Chellois, sur une longue période des années 70 et 80. L'artisan de la mise en oeuvre d'un commerce moderne et actif.
Pour beaucoup de Chellois, Paul Bernard, c'est un type chouette, gentil, un homme charmant et charmeur, un ami serviable...
Pour moi, Paul Bernard, c'est mon père.
Mon PAPA.
Celui qui est Le modèle.
Celui qui rassure et qui protège quand on est enfant.
Celui qui conseille quand on est devenu plus grand.
Aujourd'hui, il y a comme un grand vide.
Papa s'en est allé, presque sur la pointe des pieds...
22:20 Publié dans Chelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : chelles, paul bernard, papa

Commentaires
A ton tour, tu es papa... de trois enfants !
A toi d'aller puiser dans le meilleur de ce qu'il t'a donné afin de lui faire honneur.
Paul a juste changé de place, il n'est plus en face de toi,
il est en toi,
il est dans ton coeur.
Ton texte est magnifique !!
Ecrit par : caron | 25.11.2007
Ton texte est à la hauteur de la peine que tu dois vivre. Je pense bien à toi en ces moments difficiles.
Tout passe, même cela.
Tu verras.
Amitiés,
JéèF
Ecrit par : Guillaume Foucault | 25.11.2007
Perdre un être aimé, pourquoi employer le mot « perdre» ? Ainsi, c'est de notre faute, à un moment donné on aurait été moins vigilant, suffisamment pour qu'il se sauve, nous échappe ? Encore un principe qui tente à nous plonger dans une constante culpabilité.
Il y a des chagrins insurmontables pour lesquels le monde se fige.
Et puis il s'agit de continuer à vivre. C'est une règle implacable.
Il semble que notre quotidien se rythme sur une forme d’inconscience, et c'est tant mieux, heureusement !
Peut-être est-ce une manifestation de notre instinct de survie ?
Ainsi le départ d’un être aimé suspend le temps, tout devient grave, ou bien tout devient dérisoire, c’est selon… La vie ne sera plus jamais la même, et le temps qui passe n’arrangera rien. Cette douleur ne peut être éradiquée. Le manque, l’absence, il s’agit d’apprendre à vivre avec cette nouvelle donnée, de l’intégrer à ses actes et ses pensées.
Pour certains, ce sera la spiritualité, pour d’autres la psychologie, mais tout au fond de nous il se passe des tas de choses, une nouvelle vie vient de prendre place à côté de sa propre existence. Installé confortablement l’être aimé à trouvé toute sa place, à côté du cœur, dans la chaleur de notre amour, dans la force de notre esprit qui fouille de toutes ses forces dans les souvenirs. Ces souvenirs, pourtant si douloureux, me semblent être l’unique façon de construire cette nouvelle vie, ils sont le "ciment".
A bras le corps, il faut embrasser tout ce passé pour l’installer dans son présent.
Enfin, nous ne sommes plus seul, il y a en nous un nouveau compagon (parfois plusieurs..), pas un fantôme, une vie qui palpite en nous, qui nous aide marcher et qui immanquablement nous apporte chaque jour son soutien, sa force, celle d’un papa.
Pour toi mon BX, avec tout mon amour,
Ecrit par : laurence | 26.11.2007
Les commentaires sont fermés.