19.10.2007
Al Gore et Rajendra Pachauri reçoivent le prix Nobel de la Paix
Le président du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) et l’ancien vice-président américain Al Gore ont été choisis parmi les 181 candidats au prix Nobel de la paix, attribué le 12 octobre 2007 à Oslo. Devenu une personnalité emblématique de la lutte contre le réchauffement climatique, Al Gore est non seulement l’auteur du célèbre documentaire « Une vérité qui dérange », primé aux Oscars, mais aussi l’initiateur des concerts « Live Earth » et le président du fonds Generation Investment Management , spécialisé dans le développement durable. Parmi les 181 candidats en lice, le comité Nobel a choisi cette année de récompenser un combat devenu planétaire. D'un côté Al Gore, et de l'autre, l’indien Rajendra Pachauri, président du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) qui était également en lice. Un signal envoyé aux gouvernements, car les travaux du GIEC vont servir de base au sommet sur le climat, qui se tient en décembre à Bali (Indonésie) et qui devra déssiner les contours de l'après-Kyoto. Enfin, la question du réchauffement planétaire était aussi représentée par Sheila Watt-Cloutier, moins célèbre qu’Al Gore, mais tout aussi engagée. Cette inuit québécoise, présidente de la Conférence circumpolaire inuit, défend en effet les populations de l’Arctique contre les pollutions qui menacent leur culture. Elle a notamment déposé, en 2005, une plainte à la Commission interaméricaine des droits de l’homme, démontrant comment les changements climatiques causent des préjudices à son peuple.
Avec une remise conjointe du prix Nobel de la Paix à Rajendra Pachauri et Al Gore, le comité Nobel a montré que la cause du réchauffement planétaire a été entendue. Il a choisi de récompenser d'un côté le travail scientifique réalisé depuis plusieurs années par les experts du GIEC, et de l'autre le travail de vulgarisation affectué par l'ancien vice-président américain. Son documentaire est d’ailleurs devenu un outil pédagogique diffusé par les entreprises qui souhaitent sensibiliser leurs salariés, à l’instar d’Air France et de Bouygues. Le comble du chic étant d’avoir la présence d’Al Gore lors de la projection, ce qu’a fait BNP Paribas. Sorti en France il y a an tout juste, « Une vérité qui dérange » avait également été projeté le jour même à l’Assemblée nationale, mais n’avait attiré que peu de parlementaires à l’époque…
Oscars
Derrière ce film, une maison de production américaine, Participant Production, dont le concept est d’utiliser le divertissement pour sensibiliser et impliquer les citoyens. A sa tête, Jeff Skoll, co-fondateur d’E-Bay, millionnaire et philanthrope. Il a également produit « Syriana », thriller sur les enjeux de la guerre du pétrole et « Good night, Good Luck « , opus dédié à la responsabilité des médias... . Récompensé par deux Oscars, « Une Vérité qui dérange » aligne les preuves irréfutables de l’existence du réchauffement climatique et de ses conséquences. Avec de nombreuses photos avant-après, des graphiques saisissants et des commentaires teintés d’humour noir, la démonstration d’Al Gore est d’autant plus réussie qu’accompagnée de solutions présentées comme étant à la portée de tous. Une liste de dix actions a d’ailleurs été proposée sur le site Internet pour accompagner le message du film.
Autre succès d’Al Gore, le Live Earth « contre le réchauffement climatique » a réuni 150 artistes en concert dans huit pays, le 7 juillet 2007. « Live Earth demande aux gens de s’engager à changer leurs habitudes et d’inciter d’autres à en faire autant afin de réduire les émissions de carbone de 90% d’ici à 2050 », a –t-il indiqué, avant ajouter : « Live Earth va s’assurer qu’il y aura un nouveau traité mondial sur la lutte contre le changement climatique d’ici à 2009 ».
Depuis sa candidature malheureuse aux élections présidentielles de 2000, Al Gore est devenu un « écoleader » mondial. Il siège au conseil d’administration d’Apple Computer, conseille Google et a fondé Generation Investment Management, un fonds d’investissement spécialisé dans le développement durable et les énergies renouvelables. Il a également lancé une chaîne de télévision en 2005 , Current TV, dont une partie des programmes est réalisée par les téléspectateurs eux-mêmes. Et continue, sans relâche, d’intervenir aux quatre coins du globe sur la question climatique. Cet été, dans une intervention au Global Brand Forum de Singapour, l’ancien vice-président a dénoncé devant un parterre de dirigeants la campagne de désinformation menée par plusieurs multinationales sur la réalité des changements climatiques (voir article lié). Parmi elles, le leader mondial du pétrole ExxonMobil, chef de file des « négationnistes ». Certes, la chose est connue, mais la popularité et la légitimité de l’ancien vice-président permettent de relancer opportunément le débat sur le lobbying américain en matière climatique. « Certaines compagnies de tabac ont dépensé des millions de dollars pour faire croire à des divergences parmi les scientifiques. Certains groupes industriels et le numéro un mondial du pétrole ExxonMobil en ont fait autant ces dernières années », a-t-il souligné, rappelant que le réchauffement climatique donne lieu à « l’un des plus forts consensus de l’histoire de la science ».
Véronique Smée Mis en ligne le : 12/10/2007 source : http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id...
12:55 Publié dans Sages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement

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