05.07.2007

Développement durable : Borloo promet de l’action

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Nommé à la tête du ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables le 16 juin dernier, Jean-Louis Borloo a présenté ses objectifs à la presse en promettant d’être le ministre du « passage à l’acte ».

Pour sa première conférence de presse, Jean-Louis Borloo a fait salle comble à l’Hôtel de Roquelaure, siège du « MEDAD », Nathalie Kosciusko-Morizet ayant de son côté investi l’ancien ministère de l’écologie, avenue de Ségur. C’est un « ministère en état de marche », conçu « pour l’action », qu’a promis le nouveau ministre. Pour la première fois, l’écologie est pensée de manière transversale, ce qui conduit le MEDAD à une organisations en 5 pôles : climat et politique de l'énergie , transport, biodiversité, aménagement durable de l'espace, et prévention des risques techniques et sanitaires. Pour fédérer l’ensemble de ces champs jusqu’ici séparés, Jean-Louis Borloo est assisté de deux secrétaires d’Etat, Nathalie Kosciusko-Morizet à l’écologie et Dominique Bussereau aux transports. « Sur le plan des institutions, c’est une véritable révolution, unique en Europe », s’est félicité Jean-Louis Borloo en évoquant les moyens et compétences qui lui sont attribués. En plus du « super ministère », le ministre aura aussi la charge de faire de la région Ile de France un exemple de territoire durable, à la demande du président de la République. Reste à savoir ce qu’en pense Jean-Paul Huchon, président PS de la région…

« Un obsédé des programmes »

Trois directions ont été annoncées pour mener à bien les vastes chantiers du développement durable. La responsabilité – « l’opinion publique est prête, à nous de donner le cadre pour agir », a annoncé Jean-Louis Borloo, la compétitivité économique –« la révolution écologique est une révolution économique et une opportunité de croissance », et enfin la solidarité, nationale et internationale, à travers l’aide aux pays émergents notamment. Bien que le ministre ait fait preuve d’enthousiasme sur tous ces sujets, certains domaines seront particulièrement difficiles à faire évoluer. Le report d’un quart du trafic routier vers le rail ou l’eau, notamment, est un sujet qui a déjà épuisé bon nombre d’acteurs depuis une quinzaine d’années…De même, l’ « éco-économie » et la compétitivité écologique accusent un certain retard en France, qui emploie 400 000 personnes dans ces activités quand l’Allemagne en compte 1,3 million. Pour convaincre, Jean-Louis Borloo a cependant une méthode éprouvée : « je suis un obsédé des programmes, des objectifs chiffrés, de l’évaluation et du reporting », a-t-il martelé, assurant qu’il serait le « ministre du passage à l’acte ».

Présidence de l’Union en 2008

Au plan stratégique et international, les objectifs annoncés se veulent également clairs et précis. La présidence française de l’Union européenne en décembre 2008 se prépare d’ores et déjà, avec en point de mire les négociations sur l’avenir du Protocole de Kyoto qui coïncident avec la présidence française. L’enjeu est donc considérable et le ministre a affiché son ambition : « parvenir à un accord sur le climat le plus mondial et le plus contraignant possible ». Il a précisé que les décisions actées par le Grenelle de l’environnement, qui aura bien lieu en octobre, devraient servir de ligne politique pour cette échéance. Le temps presse, donc, pour activer les groupes de travail qui se réuniront en juillet et début août. Six ateliers ont été définis - Climat-Energie, Biodiversité, Santé-Environnement, Agriculture, Gouvernance et Modes de développement- pour définir d’un côté les mesures à prendre à court terme et de l’autre celles qui seront déclinés par la loi, comme la fiscalité verte, qui doit figurer dans la loi de finances prévue à l’automne. Le débat sur l’instauration d’une « taxe carbone » promet à cette occasion d’être agité.
Enfin, quelques mesures immédiates ont été annoncées, comme la création d’une « task force commune » avec le ministre de l’agriculture sur la question des nitrates, qui a valu à la France un lourde amende (28 millions d'euros, assortie d'indemnités journalières de 117, 882 euros) infligé par Bruxelles. Sur la question de l’OGM MON 810, qui avait divisé Alain Juppé et l’ex- ministre de l’agriculture Christine Lagarde, Jean-Louis Borloo a précisé être favorable au principe de précaution, en estimant que de nouvelles expertises étaient nécessaires. En attendant, la France n’a pas mis en place de moratoire comme l’a fait l’Allemagne sur ce dossier.



Source : http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id...
Véronique Smée
Mis en ligne le : 29/06/2007

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