02.06.2007

Sarkozy et Zapatero affichent leurs proximités de vues

Le président français Nicolas Sarkozy (g) et le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, le 31 mai 2007 à Madrid
©AFP - Javier SorianoMADRID (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero ont affiché jeudi à Madrid leur proximité de vues pour sortir rapidement l'Europe de son impasse institutionnelle.

Après Berlin et Bruxelles, M. Sarkozy, au pouvoir depuis deux semaines, a fait le déplacement de Madrid pour présenter à M. Zapatero son idée d'un traité simplifié" dont les grandes lignes pourraient être adoptées au Conseil européen des 21 et 22 juin à Bruxelles.

"Un pays qui a voté oui, un pays qui a voté non partagent aujourd'hui la même analyse et la même volonté", a affirmé M. Sarkozy en référence au rejet par la France de la Constitution européenne, approuvée par l'Espagne.

"Nous pensons tous les deux que l'Europe doit avancer", "qu'il faut aller vite" et "qu'il faut un nouveau traité - sur le contenu duquel nous sommes extrêmement proches - pour pouvoir débloquer la situation", a-t-il souligné au cours d'une conférence de presse conjointe avec M. Zapatero, après un déjeuner de travail et un entretien auquel ont aussi pris part plusieurs ministres des deux côtés.

Pour sa part, le chef du gouvernement espagnol a affirmé que les Européens étaient "en mesure de pouvoir parvenir à un accord sous la présidence allemande", d'ici à la fin juin.

Les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité pour les deux pays de travailler étroitement ensemble pour parvenir à un accord.

"Je suis venu pour dire la volonté de la France de travailler main dans la main avec l'Espagne", a assuré le président français qui s'est dit "persuadé qu'ensemble, sous présidence allemande, nous pouvons débloquer la situation".

Après le double rejet par les Français et les Néerlandais du traité constitutionnel européen, M. Sarkozy plaide en faveur d'un "traité simplifié", "seule solution", selon lui, pour relancer la dynamique européenne.

Cette idée commence à s'imposer parmi les 27, même si un consensus n'est pas encore acquis, notamment du fait des réticences de Londres et de Varsovie.

"Un traité simplifié, moins long est possible", a assuré M. Zapatero. Mais il a rappelé que, pour l'Espagne, la majorité qualifiée, la réforme du fonctionnement du Conseil européen, la présidence stable de l'UE ou un ministre des Affaires étrangères étaient des "points essentiels qui doivent être dans le traité". Autant de points avec lesquels Nicolas Sarkozy s'est dit "d'accord".

Le chef du gouvernement espagnol et le président français ont affiché leur bonne entente, multipliant les propos amicaux, manifestement soucieux de montrer qu'ils pouvaient surmonter leurs désaccords passés et leur appartenance à des camps politiques opposés.

"Nicolas, je suis convaincu que nous aurons d'excellentes relations sur les plans politique et personnel", a dit M. Zapatero.

"Je veux lui dire ma confiance, mon amitié, mon soutien et l'envie de la France de travailler avec lui", a répondu le président français.

Sur le sujet très sensible en Espagne du terrorisme basque, M. Sarkozy a ainsi réaffirmé fortement le "soutien" de la France au gouvernement espagnol et a assuré ne pas vouloir intervenir dans le débat politique espagnol alors que le chef de l'opposition conservatrice Mariano Rajoy en a fait son principal cheval de bataille contre M. Zapatero.

Il s'est aussi montré très ouvert aux demandes anciennes de Madrid d'ouvrir de nouvelles liaisons ferroviaires entre les deux pays à travers les Pyrénées, en faisant valoir que "l'Espagne a besoin de se désenclaver".

M. Zapatero lui a rendu la pareille en se disant "très favorable" à l'idée d'une "Union méditerranéenne" avancée par le président français.

Après ces entretiens, M. Sarkozy a rencontré Mariano Rajoy avant d'être reçu à dîner par le roi Juan Carlos au palais de la Zarzuela.

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