17.05.2006
Escale à Chelles
"Souvenir de Chelles. 1845"
Plume encre brune et lavis sur papier beige.
Paris, Maison de Victor Hugo, Inv. 893. © PMVP
J’aime Chelles et ses cressonnières,
Et le doux tic-tac des moulins
Et des cœurs, autour des meunières ;
Quant aux blancs meuniers, je les plains.
Les meunières aussi sont blanches ;
C’est pourquoi je vais là souvent
Mêler ma rêverie aux branches
Des aulnes qui tremblent au vent.
J’ai l’air d’un pèlerin ; les filles
Me parlent, gardant leur troupeau ;
Je ris, j’ai parfois des coquilles
Avec des fleurs, sur mon chapeau.
Quand j’arrive avec mon caniche,
Chelles, bourg dévot et coquet,
Croit voir passer, fuyant leur niche,
Saint Roch, et son chien saint Roquet.
Ces effets de ma silhouette
M’occupent peu ; je vais marchant,
Tâchant de prendre à l’alouette
Une ou deux strophes de son chant.
J’admire les papillons frêles
Dans les ronces du vieux castel ;
Je ne touche point à leurs ailes.
Un papillon est un pastel.
Je suis un fou qui semble un sage.
J’emplis, assis dans le printemps,
Du grand trouble du paysage
Mes yeux vaguement éclatants.
Ô belle meunière de Chelles,
Le songeur te guette effaré
Quand tu montes à tes échelles,
Sûre de ton bas bien tiré.
Victor HUGO
Bien belle façon de rendre hommage à une "escale" en diligence.
BXS
Plume encre brune et lavis sur papier beige.
Paris, Maison de Victor Hugo, Inv. 893. © PMVP
J’aime Chelles et ses cressonnières,
Et le doux tic-tac des moulins
Et des cœurs, autour des meunières ;
Quant aux blancs meuniers, je les plains.
Les meunières aussi sont blanches ;
C’est pourquoi je vais là souvent
Mêler ma rêverie aux branches
Des aulnes qui tremblent au vent.
J’ai l’air d’un pèlerin ; les filles
Me parlent, gardant leur troupeau ;
Je ris, j’ai parfois des coquilles
Avec des fleurs, sur mon chapeau.
Quand j’arrive avec mon caniche,
Chelles, bourg dévot et coquet,
Croit voir passer, fuyant leur niche,
Saint Roch, et son chien saint Roquet.
Ces effets de ma silhouette
M’occupent peu ; je vais marchant,
Tâchant de prendre à l’alouette
Une ou deux strophes de son chant.
J’admire les papillons frêles
Dans les ronces du vieux castel ;
Je ne touche point à leurs ailes.
Un papillon est un pastel.
Je suis un fou qui semble un sage.
J’emplis, assis dans le printemps,
Du grand trouble du paysage
Mes yeux vaguement éclatants.
Ô belle meunière de Chelles,
Le songeur te guette effaré
Quand tu montes à tes échelles,
Sûre de ton bas bien tiré.
Victor HUGO
Bien belle façon de rendre hommage à une "escale" en diligence.
BXS
23:30 Publié dans Chelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Merci de ces précisions. Beaucoup connaissaient la rue, d'autres le Lycée, mais combien savaient qu'il avait participé à l'édification de Notre Dame. Merci à vous Jehan de nous avoir, du fond des âges, dit qui vous étiez.
BXS
Ecrit par : BXS | 19.05.2006
Les commentaires sont fermés.